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Le château

Le château des pauvresComme la plupart des bourgs castraux, Chatte s'est développée au pied de son château au Moyen Age. Qualifié de romain ou roman, il a été édifié au XIème siècle. Il est attesté au XIIème siècle mais ses éléments actuels datent des XIVème, XVème, voire XVIème siècles. Il domine toujours le village.

Il a appartenu à une grande famille Dauphinoise, les Clermont plus précisément Les Clermont de Chatte : citée dès 1080. L'un des membres de cette famille, St Amédée (1110 - 1150), fut évêque de Lausanne.

Au XIVème siècle, le château entra dans la mouvance delphinale. En 1672, il devint propriété des Boffin, seigneurs de la Sône, puis du maquis de la Roque en 1788. Mis en vente en juin 1794, comme bien national, il fut vendu en 1796 à sept propiétaires sans fortune, d'où son nom de Château des Pauvres conservé jusqu'à nos jours. Quant aux Clermont, la famille s'éteignit en 1796.

Le pont de la Poype

Pont de la PoypeConstruit au XIXème siècle, ce pont, qui enjambe le Frison, se situe sur un petit chemin reliant les deux voies communales (l'une en direction des Molles, l'autre des Voureys, hameau de Saint-Antoine), qui débouchent sur la route départementale Chatte - Saint-Antoine, au pied de la descente du "Cabaret Neuf".

L'appelation "pont du Pape" résulte de la déformation de son nom originel "pont de la Poype".

Ce terme, au Moyen Age, désignait une motte castrale: en l'occurence, la poype de Montchâtel, alias de Sainte-Philomène. Le culte de cette sainte (mythique, semble-t-il) était très populaire au XIXème siècle, comme en témoigne notre chapelle, bâtie en ce lieu en 1880. Les habitants de Saint-Antoine, qui s'y rendaient en pèlerinage, empruntaient ce pont, le chemin sur une partie, puis un sentier aujourd'hui impraticable.

Au bord de la route départementale se trouve un petit "oratoire" en briques rouges. Il a remplacé, il y a une trentaine d'années, celui qui avait été creusé dans le mur d'une maison toute proche (dite "de la Mère Argoud"), démolie lors de l'élargissement de la voie. Une petite niche de buis taillés lui faisait un avant corps. Ces oratoires ont abrité successivement: une statuette, une vierge à l'enfant datant du XVIIème siècle, qui provenait de la porte de la Chapelle Ste-Marie (située à l'emplacement de la maison du tourisme à St-Antoine). Décapitée sous la Révolution, recollée, elle avait abouti là on ne sait porquoi ! Aujourd'hui la niche est vide.

Récit recueilli auprès de Mme BRICAULT

Les maisons fortes

maison forteVoir l'image en grandElles se distinguent des châteaux par leur aspect rural. Elles sont le centre d'un domaine foncier.
Elles sont fortifiées.
Longtemps résidences nobles, elles détenaient des droits. La plupart sont mentionnées dès le XIVème siècle. La Poype, la maison forte de Puvelin, la Cardonnière, les Reynauds, les Châteaux d'Hières, Château-Bernard ont conservé, malgré les transformations ultérieures, les traces de leur passé : fenêtres à meneaux, escaliers à vis, belles cheminées.

Le patrimoine industriel

Les ressources naturelles, eau, forêt, élevage, cultures avaient permis le développement de différentes activités industrielles : tuileries, moulins à chanvre d'abord, puis le moulinage et le tissage de la soie. Ils ont duré longtemps ; leur importance explique la qualité du patrimoine visible aux Martinons, au bourg, à la Galicière. Ce dernier site demeure le plus pittoresque car il a conservé ses métiers, ses roues à aube.

On peut découvrir également un vieux moulin à huile de noix, le travail du bois (échalas,chais). Les industries alimentaires n'ont laissé que des souvenirs. Des forgerons, on a gardé le nom d'une place et une entreprise de matériel agricole. Jusqu'à la 2ème guerre mondiale, de nombreux commerces animaient le village : épiceries, cafés se succédaient (on peut apercevoir, le long de la grande rue, les anciennes vitrines). Il y avait même deux établissements peu recommandables : celui situé au bourg était orgueilleusement à l'enseigne du "chat noir" !

Chatte bénéficiait des retombées importantes des villages environnants. C'était alors un centre de marchés et de foires : foire aux cochons, aux dindes, qui se déroulaient dans les rues et sur le champ de mars. Le commerce des cocons, des noix occupait une place de choix puisqu'il avait attiré une clientèle extérieure, souvent étrangère, en particulier anglaise et américaine.

La Galicière

Voir l'image en grandL’ancienne usine de moulinage de la soie Crozel à la Galicière est un complexe industriel rural d’une dizaine de bâtiments datant de la fin du XVIIIème siècle. L’intérêt de ce site est incontestable eu égard à son caractère complet et typique des usines de moulinage de soie. Site protégé au titre des monuments historiques.

Tout le cycle de transformation de la soie, de grainage à la soie ouvrée en passant par la filature, est aujourd’hui encore, parfaitement visible. La qualité des machines (en particulier des moulins à retordre) et leur caractère complet constituent l’intérêt exceptionnel de ce site, qui depuis décembre 2003 est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

Impulsée par le Gouvernement dès la fin du XVIIème siècle, la culture du murier et par conséquent l’activité de moulinage vont connaître un essor prodigieux dans tout le Dauphiné, et plus particulièrement dans les Chambarans. En 1782, Chatte se dote d’une seconde Fabrique, au lieu-dit la Galicière, à l’instigation de Pierre Bouvier, exploitant de la première. A partir de 1855, les deux Fabriques ne forment plus qu’un seul ensemble de production qui va connaître un développement remarquable jusqu’en 1870, plaçant l’usine de moulinage de la Galicière au rang de troisième du département en terme d’importance.

La maladie du vers à soie dès 1870, la concurrence des soies étrangères puis des soies artificielles vont précipiter la disparition de la sériciculture en France. Les ateliers de la Galicière vont cesser leur activité dans les années 1920, du jour au lendemain, et vont rester tels quels jusqu’à aujourd’hui. A la mort en 1996, de Melle CROZEL, unique descendante de la famille propriétaire des lieux depuis 200 ans, l’usine est rachetée par un couple d’architectes qui par le biais de l’association « les Amis de la Galicière » n’ont de cesse de sauvegarder et d’animer les lieux.

En savoir plus

Les édifices religieux

- La maison des soeurs

- La chapelle Sainte Philomène

- Les croix de carrefour

- Le cimetière

- L'oratoire